La Terre Creuse : Deux marins y sont précipités.

Je remercie Marc-Antoine pour avoir amélioré la netteté des illustrations.

En 1829, deux marins scandinaves, un père  Jens Jansen, et son fils Olaf vécurent l’incroyable aventure de se retrouver dans le monde intra-terrestre. Ayant quitté Stockholm pour pêcher, ils choisirent une direction nord, et après avoir longé les côtes des îles de Gotland et d’Oelan, ils continuèrent leur course par le détroit séparant la Suède du Danemark, puis après Kristiansand le long des côtes norvégiennes, ils doublèrent les iles Lofoten, puis Hammerfest pour au final, en date du 23 juin, se retrouver enfin en zone de pêche au Wijade Bay où ils restèrent trois jours, dans les eaux très froides au milieu des icebergs. Ils n’avaient pas idée de l’aventure fabuleuse qui les attendaient, encore que quelques légendes nordiques des temps anciens, aient évoqué ces fabuleux mondes du milieu de la terre.

Ayant assez  prélevé de poisson, ils reprirent le voyage en direction des côtes de Franz Joseph qu’ils longèrent durant plusieurs jours. Un vent glacé, favorable à la navigation à voiles à l’époque, les dérouta plus à l’Ouest. Après une pleine journée de navigation, alors qu’ils envisageaient de prendre le chemin du retour, ils furent face à l’incroyable : une terre verdoyante était devant eux le vent ne soufflait plus et l’air était tempéré et calme. Ils pêchèrent sur place quelques jours et prirent la décision de continuer leur chemin.

Les deux voyageurs se rendirent compte qu’ils voyageaient dans une eau calme, sans iceberg… Plus loin, ils rencontrèrent une inquiétante brume accompagnée d’une eau fortement agitée qui fit tanguer le bateau trois heures durant. Lorsque le temps se calma, ils constatèrent avoir perdu un tiers de leurs provisions ainsi que leur eau potable.

Tandis qu’ils vérifiaient l’état avant du petit bateau, devant eux, à l’horizon apparut, un deuxième soleil. Son emplacement les surprit beaucoup et ils pensèrent à un mirage qui allait se dissiper d’ici peu. A leur stupéfaction, il n’en fut rien et au contraire, plus ils avançaient au fil des jours, plus le soleil montait à l’horizon. D’aspect rouge et cuivré il était parfois ponctué de nuances pâles et brumeuses. Les deux pêcheurs baptisèrent cet astre « le Dieu Brumeux » (the smoking God). Olaf et Jens pensaient depuis longtemps avoir dépassé le Pôle Nord, mais leur boussole continuait à pointer droit devant.

Alors qu’ils continuaient à avancer, Olaf, le fils testa l’eau, laquelle s’avéra être de l’eau douce. Il pensa tout de suite à un don d’Odin et de Thor, dieux de leurs ancêtres vikings. Plus les jours s’écoulaient, plus cet étrange soleil montait haut, alors que le second soleil (le nôtre) se retirait derrière eux au sud-est. Vers le début du mois d’août  « le Dieu Brumeux » fut définitivement à son zénith. Peu après, ils accostèrent sur une terre verdoyante pleine de beaux arbres .

Ils explorèrent les lieux quelques jours et trouvèrent des arbres de très grande taille, des rivières, des lacs. C’est dans cette ambiance subtropicale et démesurée qu’Olaf se souvint d’avoir calculé avec son père que lorsqu’ils mirent pied sur cette terre inconnue, cela faisait pratiquement cinq mois qu’ils avaient quitté Stockholm. Mais leur exploration fut interrompue par l’arrivée d’une étrange embarcation occupée par des hommes de grande taille qui les invitèrent à les suivre. Ils furent conduits dans une cité du nom de Jehu où nos deux voyageurs furent cordialement invités à résider. Olaf précisa que l’activité première de ces « géants » était l’agriculture. Leurs très belles constructions (temples et habitations), étaient ornées d’or. La végétation était luxuriante et abondante et toutes sortes de fruits poussaient un peu partout. Tout était à la taille des habitants et les grains de raisin étaient aussi gros qu’une pomme. Olaf et son père vécurent une année entière à Jehu. Aidés des gens chez qui ils logeaient et qui étaient d’une extrême bonté, ils apprirent la langue des hommes du dessous qui, selon Olaf, ressemble beaucoup au sanskrit.

Ensuite, ils eurent la possibilité de quitter Jehu et de se rendre à la cité d’Eden pour rencontrer le Haut Souverain du Monde Souterrain. Ils se rendirent donc à Eden, à bord d’un véhicule très rapide, confortable et silencieux se déplaçant sur un monorail. La citée d’Eden, selon les dires d’Olaf, était localisée dans une magnifique vallée qui surplombait tout le pays. La cité était entourée d’un gigantesque jardin dans lequel quatre rivières prenaient leur source dans une fontaine artésienne. Toujours selon Olaf, les quatre rivières portaient les noms suivants : l’Euphrate, le Pison, Le Gihon et l’Hiddekel.

Olaf précisa également que les habitants du Monde Souterrain nommaient cet endroit « le nombril du monde ». Ils eurent donc le privilège de discuter avec le Haut Souverain dans son palais. Les deux étrangers lui demandèrent l’autorisation de visiter les alentours et d’envisager ensuite leur retour à la surface, ce qui leur fut accordé. C’est ainsi que Jens et son fils Olaf parcoururent de nombreuses contrées (où ils firent la rencontre d’un éléphant de très grande taille) et cités comme Nigi, Delft, Hectea… Ces visites leur apprirent davantage de choses sur les habitants du dessous comme le fait qu’ils vivaient entre 600 et 800 ans, que leurs cités étaient pourvues de palais entièrement dédiés à la musique, où des choeurs d’au moins deux cent cinquante personnes généraient de sublimes harmonies. Leurs principales vocations étaient l’agriculture, mais aussi l’horticulture et l’architecture. Notons également le fait que les intra-terrestres pouvaient communiquer entre eux par « les airs » (transmission de pensée), chose que n’arriva pas à s’expliquer Olaf.

Le temps arriva où les deux voyageurs voulurent regagner le monde du dessus, Jens avait tout de même laissé sa femme en haut et cela faisait pratiquement deux ans et demi qu’ils avaient quitté Stockholm. Les deux voyageurs récupérèrent leur embarcation, la remplirent de provisions et firent leurs adieux à leurs amis en leur promettant de revenir d’ici un an ou deux. Alors qu’ils s’apprêtaient à faire le voyage inverse, le père d’Olaf fit la remarque qu’a cette époque de l’année il devait faire nuit dans le Nord et qu’il serait préférable de ressortir par le pôle sud. Ils optèrent donc pour cette solution en prenant le même fleuve par lequel ils étaient arrivés à l’époque.

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Toujours d’après Olaf, c’est vers le mois de novembre ou décembre 1831 qu’ils quittèrent la douce chaleur du « Dieu Brumeux ». Peu après, ils commencèrent à apercevoir le soleil à l’extrémité de l’ouverture du pôle sud. Comme pour l’aller, ils essuyèrent une sorte de petite tempête qu’ils ne purent expliquer que par la confrontation de l’air chaud du Monde du dessous et l’air polaire. Pendant deux semaines ils naviguèrent parmi les icebergs. Alors qu’ils pensaient avoir affronté le plus difficile, leur bateau rencontra un iceberg et vola en éclat. Olaf, à demi inconscient fut projeté sur la glace. Lorsqu’il se réveilla, avec absolument aucune notion du temps qui s’était écoulé depuis l’accident, il chercha désespérément une trace de son père et du bateau. Il fit le tour de l’iceberg et scruta l’océan, en vain.

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Olaf face au Arlington. Dessin de J.A. Williams pour l’édition de 1908.

Désespéré, il fit les cent pas, effrayé à l’idée de mourir frigorifié, sans eau ni nourriture. Les heures passèrent, mais un coup de chance se produisit, lorsqu’un bateau de pêche écossais, le Arlington, repéra les mouvements d’Olaf sur la glace. Lorsque l’heureux rescapé raconta brièvement son histoire, le commandant le fit enfermer sous la surveillance du médecin de bord.

De retour à Stockholm plusieurs mois après, Olaf apprit que sa mère avait rendu l’âme un an auparavant. Il se confia alors à son unique parent vivant pour le persuader de financer une expédition afin de retourner en bas. Son oncle Gustaf Osterlind fit semblant de s’intéresser et s’arrangea pour faire signer une pétition pour enfermer son neveu.

Olaf fut interné pendant vingt-huit longues années. A sa sortie, en octobre 1862, alors que son oncle était décédé depuis longtemps, Olaf se retrouva seul et sans ami. Il travailla comme pêcheur pendant les vingt-sept années suivantes, en prenant bien soin de ne parler de son histoire à personne. Finalement, en 1889, Olaf, âgé de près de soixante-dix ans, vendit son bateau et quitta le pays pour se rendre en Amérique du Nord. Il vécut douze ans en Illinois avant de déménager à Los Angeles, le 4 mars 1901. Là, il fit la connaissance de son voisin Willis George Emerson, un romancier et de sa femme. Ils devinrent de bons amis et, petit à petit, Olaf prit le risque de lui raconter son incroyable odyssée en lui montrant ses notes et ses cartes. Ce qui surprit beaucoup Emerson, hormis l’histoire en elle-même, ce fut son désir intense de lui faire partager sa conviction en indiquant sans cesse que tout le monde devait absolument connaître la vérité.

La simplicité et sincérité d’Olaf poussa Emerson à transmettre à son éditeur Forbes & Compagny, sans trop y croire, le texte intégral de Jansen qui fut imprimé sous le nom de « The Smoky God; or, a Voyage to the Inner World ».

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Le livre fut publié durant l’été 1908, et ironie du sort, Olaf Jansen décéda quelques semaines auparavant. Il ne connut pas les violentes critiques que subit son livre. Mais, malgré tout, Olaf entra dans l’histoire de la Terre Creuse, par la grande porte. « The Smoky God », suscita un vif intérêt auprès de personnes qui se spécialisèrent dans des recherches poussées sur le sujet. De même, par la suite, les récits de nombreux explorateurs confirmeront certaines descriptions faites par Olaf. En 1966, un article publié dans le Fate Magazine, démolira le récit d’Olaf en précisant tout de même qu’à l’époque de la publication de « The Smoky God », le gouvernement américain se procura deux exemplaires du livre.

Il se trouve qu’un aviateur très connu et respectable connaîtra lui aussi une expérience avec la Terre Creuse, et son récit peut sembler tout aussi incroyable, mais compte-tenu de l’ampleur du personnage, on fut bien contraint d’y accorder foi.

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Auteur : kronaith

Je suis romancière, écrivain, historienne, conférencière, musicienne. Je vis aussi pas mal de phénomènes spirituels et dits "paranormaux, et je m'intéresse à tout cela me permet de discuter de plein de sujets et de vous les faire partager. Ce blog fait suite au précédent sur une autre plateforme en cours de transformation, et qui a jusqu'à 5000 visiteurs par jour.

6 réflexions sur « La Terre Creuse : Deux marins y sont précipités. »

  1. Bonjour Marie,
    C’est étonnant que personne n’est retenté cette grande aventure!
    Ou alors, tous les récits sont sous scellés…
    La Terre creuse, un sujet passionnant! J’adore toutes ces histoires

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Sandra,
      Oui, bien des choses nous sont cachées en effet. Pourtant, tout tend à se dévoiler à présent, donc, nous apprenons certaines de ces « cachotteries » ! Moi aussi j’adore ces faits !
      Bonne journée Sandra, et merci pour ce commentaire !

      J'aime

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