Ma vie chez les elfes. Seconde partie.

Seconde partie du récit initiatique « Ma vie chez les elfes ». Lire d’abord la première partie.
Christine me prévint du fait que pour bien comprendre à quel point les choses étaient différentes en Avallon, il fallait que j’accepte toutes les surprises de ses révélations, sans chercher à les décortiquer avec le lourd mental que nous nommons rationalité, mais si elle m’avait choisie pour me faire ce récit, c’était justement parce que j’avais cette capacité de me projeter et d’accepter cette vision autre de la vie, ces codes de la dimension de l’¨tre plutôt que de l’Avoir qui nous joue tant de tours ici dans notre dimension où l’esprit se trouve affaibli. Je fis un effort supplémentaire de concentration, mais pas de façon mentale, juste en me plaçant dans l’acceptation des propos qu’elle me tenait, car j’avais bien compris que leur résonance posait en moi des jalons de compréhension de cet autre plan que celui de la matière lourde où nous, pauvres humains étions piégés. Nous sommes dans le monde où nos lourds sabots mentaux nous empêchent de nous élever, et en comparaison, le monde des elfes d’Avallon permet une agilité mentale qui aurait le pas gracieux de la danseuse. J’écoutais Christine, sans poser entre son récit et mon écoute, la moindre de ces interjections mentales qui nous font couper les cheveux en quatre là ou suffit la légèreté de l’aile du papillon.
Christine m’évoquait à présent la différence de conception de la vie en société entre le monde d’Avallon et le nôtre, et par exemple, le commerce à but lucratif n’existait plus en ce monde épuré et doux.
– J’ai parlé de boutique – dit Christine, et le mot en langue elfique correspondrait plus à la notion de « espace de partage », car il n’existe pas de système monétaire à Avallon. Chacun fournit aux autres ce qu’il peut lui fournir selon son talent, et chacun fournit à tout le monde, à la demande, selon le besoin ou le désir du ou des demandeurs. Il s’ensuit un monde sans inégalités sociales, où chacun est à sa juste place, mais en même temps valorisé par ses savoir-faire, et il y a émulation entre les personnes qui proposent des objets ou des services, de telle ou telle sorte. C’est une émulation créative de fait, car les elfes d’Avallon ont le goût de ce qui est beau, et en même temps, du nouveau dans le beau. La seule richesse des elfes, c’est cela : l’amour du beau, du bon, du bien, et de cela découle un art de vivre commun à tous et une grande paix, ce qui ne signifie pas ennui, loin de là, car l’elfe est créatif et créateur.
Eldred avait donc emmené Christine dans une sorte de boutique.
– Cette boutique était donc –comment l’exprimer ? – une concentration d’énergies toutes positives, plus qu’un lieu d’exposition d’objets, tous plus beaux les uns que les autres. En entrant, je fus comme aspirée par un souffle de joie et de passion tout à la fois. Je sentis un élan de mon âme vers tout ce que je voyais mais aussi ressentais. Il y avait là des objets utiles, comme ceux servant à l’art culinaire, car nos elfes d’Avallon aiment la bonne cuisine, quoi que celle-ci soit végétarienne, ce qui ne les empêche pas de boire du lait, de manger des fromages surtout, mais pas d’œufs dont ils remplacent les vertus culinaires par une substance végétale. Je reviendrai sur ce point plus tard, car je fus surprise de ce côté fin gourmet des elfes, et de trouver chez eux, un plat très proche de notre gratin dauphinois, ou encore un pain d’épices ou des cakes aux fruits, mais sans qu’aucun œuf n’entre dans la composition. Je vis donc des cassolettes et moules à cuisson dotés de décorations magnifiques, des cuillères sculptées de motifs d’une finesse exquise, Eldred me désigna les textiles, chatoyants, d’un matériau entre lin, coton et soie ; au toucher de chacun des objets, du textile aux poteries en passant par les bijoux, je sus instantanément le nom de son créateur, tout en ressentant en mon âme, l’élan d’amour qui avait présidé à cette création. La force de ce ressenti fut telle, que sans m’en rendre compte, débordante d’émotion, je pleurai de joie.
– Tu comprends maintenant –dit Eldred – dont la force contemplative m’avait fait oublier la présence – en quoi nos mondes diffèrent le plus ! La lourdeur du matérialisme et du profit, vous ampute de la force vraie de l’amour vrai par lequel chacun sait être à sa juste place. Ici, chacun a à cœur de faire de son mieux pour tous, et il n’y a ni assisté ni profiteur. Nous ne connaissons pas les conflits matériels, pas plus que la dépression, le déséquilibre mental. Tout désir s’inscrit dans cet amour vrai de chacun pour tous et de tous pour chacun, et donc tout désir peut parvenir à être comblé.  Chacun est motivé par ce partage permanent. Vous humains, êtes dans une soif inextinguible de biens matériels et de reconnaissance, mais ici, rien de tel. Tu as touché une étoffe créée par Melwed, et par ce geste, tu as eu immédiatement un rapport d’âme avec elle, et à l’instant, elle a ressenti ton émotion comme un compliment et ceci est sa récompense pour son travail ; travailler est ici un plaisir. Il n’y a pas besoin d’argent. Où vois-tu un boutiquier pour surveiller cet espace ? Le vol n’existe pas ; l’envie oui, mais modérée, motivante, et ne générant pas d’amertume comme sur Terre. Imagine que tu vois une elfe porter un vêtement de ce tissu, et tu as envie du même ; tu sais qui l’a fait et tu peux le lui demander, mais sache que Melwed aura à cœur, de perfectionner encore son art, et elle s’inspirera de cette étoffe, mais elle tentera de la faire plus belle encore, et donc elle sera différente, car nous créons sans cesse, tant l’élan d’amour ressenti dans l’échange, passe en motivation de travail.
– C’est formidable –dis-je en pensée à Eldred – mais alors, il y a aussi des travaux comme garder les enfants, ou nettoyer les rues, et ce n’est pas créatif ça, alors ceux qui les font, n’ont pas cette gratification que ressent le potier, ou le tisserand…
– Tu te trompes ! Du reste, ici de tels travaux n’existent pas sous la forme que tu connais, mais ce sera l’objet d’une autre leçon. Regarde encore tout ceci, puis garde cet élan paisible en toi. Dans la journée, d’une manière ou d’une autre, essaie de le faire circuler autour de toi ; trouve le moyen, et ce peut être tout simple, tu sais ! Certes, ce ne saurait être dans votre dimension lourde, aussi puissant qu’ici, mais n’as-tu pas remarqué comme ça fait du bien lorsqu’un inconnu te sourit ou te dit bonjour dans la rue ? Si à ton tour tu donnes gratuitement et sans attente ton sourire ou ton bonjour au parfait inconnu, tu sentiras probablement qu’en retour il te voue une gratitude de l’avoir considéré au lieu de l’ignorer, mais sache que même la pierre te renvoie une énergie accordée à ta manière de la regarder. Rapproche toi encore de la nature car elle est le premier des guides pour l’humanité. Garde ceci en toi et fais-le fructifier.
Nous sortîmes de la boutique et aussitôt, Eldred prit mes deux mains entre les siennes, sans rien dire ; un grand frisson, tel un élan  d’énergie parcourut mon corps, puis je me sentis lasse, mais agréablement lasse, entrant dans une sorte d’abandon, et ce fut pourtant là que se situa l’instant  de mon réveil, dans mon lit, au petit matin.
Chaque nuit, ou presque, Eldred m’instruisit en rêve, et chaque jour, j’essayai de mettre en pratique ses enseignements, mais je fus parfois découragée, car le monde terrestre et  sa lourdeur matérialiste actuelle, ne laissent que peu de place à l’expression de l’élan d’âme ! Tant de choses sont énergivores en notre monde, du fait du matérialisme…
Les journées me semblaient longues et j’attendais les rêves, toujours plus forts, plus beaux, et plus je rêvais plus j’avais l’impression d’être à Avallon pour de vrai. Le plus difficile, était de ne pouvoir me confier à personne, et j’avais ce mal-être que l’on ressent lorsqu’on doit taire aux autres une chose importante et heureuse, et que justement, par la joie ressentie, on aimerait partager la connaissance de cet évènement, au moins avec sa famille ou les amis proches, mais on devait se taire, de peur de se heurter à un mur d’incompréhension. Eldred m’avait dit que pour l’heure, je devais observer le silence absolu sur mes vécus.
Il advint que pendant quelques semaines, je fus en panne de rêves, et je me sentis abandonnée, et lorsqu’enfin Eldred revint en un rêve, elle m’avoua m’avoir mise à l’épreuve, et avoir mesuré le chemin qu’il me restait à accomplir pour élever ma vibration au niveau requis pour être digne des elfes » et devenir compatible avec leur monde vibratoire. Elle me dispensa divers conseils et me dit être plus souvent auprès de moi que je ne le pensais. Je ne devais pas être dépendante de mes rêves, mais vivre ici et maintenant, tant dans ma vie humaine présente, que dans les rêves, et ces deux « moi » formaient un tout. De nouveau Eldred s’absenta, et mes nuits me semblaient difficiles à vivre,,jusqu’à ce qu’un déclic se fasse.
Je me dis « zut », je suis ici après tout et le reste, peut-être que j’ai tout rêvé depuis le début !
Pourtant, trois objets posés sur mon bahut, une feuille de bouleau, une pierre grise et un gland de chêne, étaient indéfectiblement liés à ce vécu du premier contact avec le monde d’Avallon !
J’en pris mon parti et, allez savoir pourquoi, je me donnais l’habitude de m’installer sur la place du village, un bloc-notes et un stylo en main, et je me mis à écrire ; d’abord ce qu’il me passait par la tête, en prose, puis ce furent de courts poèmes et des comptines pour enfants, des poésies sur la nature surtout ; mais pourquoi écrivais-je en plein centre du village ? Les arbres de la place étaient de très gros arbres, tilleuls surtout, et je m’y sentais bien, tout simplement. De surcroît, des fenêtres de ma maison donnaient sur cette placette. Après avoir ainsi écrit, je me sentais ressourcée, mais je gardais la nostalgie de ce monde d’Avallon…
Vint enfin un rêve !
Eldred me tenait par la main, et m’enfermant dans la bulle, elle me transporta de nouveau en Avallon, mais dans un autre village que celui que je connaissais, ressemblant, mais différent.
– Je dois d’abord te montrer ceci !
Eldred me désigna une sorte de canal coulant près des maisons, mais l’eau de ce canal semblait être sous un tube de verre transparent.
– Tu te demandes de quoi il s’agit, n’est ce pas ? Regarde alors – dit Eldred, faisant se poser notre bulle devant une grande baie vitrée.
Une maman elfe prenait les vêtements de son enfant, et lui en  passait d’autres ; elle plaça  dans une sorte de grand tube transparent, les vêtements qui avaient été portés, il y eut une sorte de pétillement et peu après, l’espace d’une trentaine de secondes, la porte du tube s’ouvrit de lui-même, l’elfe saisit le linge, impeccable, qui semblait avoir tout à la fois été lavé, séché et repassé. Lorsque le linge fut extrait, le tube se referma de lui-même et s’éleva, comme pour aller se ranger dans le plafond.
Oui c’est en quelque sorte notre machine à laver ; elle n’utilise aucun détergent, juste une vibration élevée, mais en dépit des apparences, de l’eau a été utilisée, et c’est l’eau de ce canal en circuit fermé tout autour du village. Le principe est simple, non polluant, puisque n’utilisant pas de lessive, et sur Terre, certains chercheurs ne sont pas si loin de le trouver. Je crois même qu’un brevet a été « gelé » par le plus grand trust mondial dans le domaine de la lessive, et on devine pourquoi !
– C’est formidable – dis-je en pensée – de bénéficier de tels instruments ménagers, sans générer de pollution par les solvants, et on dirait qu’il n’y a pas d’électricité…
– De l’énergie oui, mais pas générée par une centrale ! Il est encore trop tôt pour aller plus loin, mais puisque nous y sommes, nous pouvons visiter une maison d’elfes, si tu le veux.
Eldred n’attendit pas ma réponse. Il n’était pas question de pénétrer physiquement dans la maison, mais d’y pénétrer en énergies psychiques. Aussi Eldred me prit-elle les deux mains entre les siennes, et me pria de fermer les yeux un instant.
Je me sentis soudain toute drôle, mais je fus auprès d’elle, précipitée dans la maison. L’espace me semblait à la fois grand et intime, très lumineux, des couleurs irisées changeantes habillant les murs ; c’étaient des couleurs vivantes, et le mobilier, rare semblait lui aussi léger, et je n’aurais pas su dire de quoi il était composé.
– C’est en effet très différent de ce qui peut-être sur terre, car nous créons toute chose à partir de l’énergie pure, en agissant sur cette énergie, par cette autre énergie ultra puissante qu’est la pensée ! En fait, la pensée est un propulseur d’énergie, il suffit juste d’organiser sa pensée de manière à assembler de l’énergie selon le projet que l’on a. Regarde bien, mais reste où tu es et ne dis rien, car je dois me projeter physiquement dans la pièce pour te montrer.
J’obéis, et soudain je vis Eldred dans la pièce.
Que dirais-tu – me transmit mentalement Eldred – de poser ici une table basse et un canapé ? Dis-moi en pensée, comment tu les veux.
– Une table basse transparente, et un canapé long de couleur rouge.
Eldred se concentra et je vis soudain apparaître une table basse intégralement transparente, de forme octogonale, que seul un vase empli de superbes fleurs de cristal iris , et un liseré à peine rosé et brillant, en dessinant le périmètre, permettait de discerner. Eldred fit apparaître un gros livre qui semblait très ancien, le prit en main et le déposa sur la table. Puis se concentrant de nouveau, elle fit apparaître un canapé rouge, qu’elle fit se poser près de la table ; elle se ravisa, se concentra, et le canapé eut une autre forme, et il fut désormais violine. Elle s’assit sur le canapé et prit le livre entre les mains. Eldred posa la main droite au-dessus du livre et ferma les yeux, puis quelques instants plus tard :
– Je n’avais pas encore lu ce recueil de poésies médiévales, terrestres bien entendu. Oui, c’est la manière dont nous lisons, mais tu comprendras plus tard ! Bon, il est temps de ranger tout cela, et bien il suffit de le dématérialiser, vois-tu !
Eldred se concentra, et alors le livre se dématérialisa, puis les fleurs de cristal et leur pot, la table, le canapé.
De nouveau auprès de moi, dans la bulle, Eldred dit :
– Si tu avais pu toucher la table, le livre, et t’installer dans le canapé, tu aurais constaté que tout cela avait une vraie matérialité, une densité, mais nous n’avons pas besoin d’industrie pour créer de tels objets, nous n’avons pas besoin non plus de couper du bois, mais nous pouvons créer de la matière bois, et si tu avais voulu un coffre en bois, tu l’aurais vu se matérialiser. Tu l’as vu, il y a peu de meubles, mais en fait, lorsque la maman elfe que tu as vu voudras s’allonger sur le canapé, elle le créera à sa guise et pourra changer de décor à sa guise.
– Mais, -objectai-je en pensée- si son compagnon et son enfant en font autant, qu’advient –il ?
– Il y a un consensus entre les personnes vivant sous le même toit, et chacun peut à tour de rôle proposer son décor, mais rien n’empêche tout un chacun de se projeter dans son propre espace, son propre décor, car nous sommes dans un espace-temps multiple, mais tu dois encore faire du chemin pour comprendre ces notions. Toutefois, sache que ce que tu viens de voir sur la manière de créer des objets, des meubles en l’occurrence, sera accessible à ceux des terriens qui accéderont à une autre dimension, dans quelques années. Certains nous rejoindront en Avallon et d’autres seront dans d’autres régions spatio-temporelles. Admets seulement que tu dois élargir ta conception du monde à la possibilité du multi- univers ou multivers, et tu as eu accès à « l’un des strates voisins, des terriens celui des elfes d’Avallon. Laisse décanter tout ceci ; toutes tes questions trouveront réponse en leur temps. Je ne suis jamais loin de toi, souviens –t’en Christine !
Je m’éveillai sereine et pleine d’énergie. Ah, si je pouvais seulement rester en Avallon…
Quelques temps plus tard une grande et agréable surprise surprit Christine en plein jour.
– Je préparai mon repas dans la cuisine, lorsqu’un chant magnifique se fit entendre dans mon séjour. La voix était sublime, l’air ensorcelant, une flûte accompagnait la voix, mais aussi un instrument à cordes. J’étais seule chez moi… la télévision n’était pas allumée et je n’avais pas mis de disque, alors, comment comprendre ? J’éteignis le gaz et je m’en fus dans le séjour…
Devant moi était Eldred, et deux autres elfes, l’une féminine, l’autre masculin. Les elfes qui accompagnaient Eldred avaient la même apparence jeune, sereine, et étaient très beaux eux aussi. Leurs vêtements étaient en des tons légèrement mauves et brillants. La jeune femme portait une sorte de diadème étincelant, et elle tenait en main une sorte de petite harpe, et l’elfe masculin jouait d’une flûte qui semblait faite d’un cristal rosé.  Ils semblaient tous trois très présents, en volumes, mais je vis un fin voile tel un rideau transparent tout de lumière entre eux et moi.
Les musiciens cessèrent de jouer et de chanter.
– As-tu aimé ? –demanda Eldred.
Je balbutiai quelques mots exprimant tout à la fois ma surprise et mon appréciation de cette prestation musicale.
Eldred sourit de mon embarras, et dit :
– Rassure-toi, nous ne ferons pas souvent irruption ainsi chez toi, et tu peux inviter tes amis, nous ne viendrons jamais si tu n’es pas seule !  Je te présente deux amis qui voulaient te connaître : d’abord Elina dont tu as aimé la voix, et voici Arti, l’un de nos maîtres du cristal, mais je t’expliquerai  de quoi il retourne lorsqu’il en sera temps !
– Comme vous êtes beaux –dis-je enfin – il y a sur terre de beaux humains, mais sur vous elfes, il y a quelque chose de particulier…
– Nous sommes pourtant de même origine, du moins nous elfes d’Avallon, et vous occidentaux de l’Ouest et du Nord de l’Europe. Nous évoluons dans deux dimensions supérieures, car il y a bien longtemps, certains furent prêts à passer, d’autres non, et ces derniers sont vos ancêtres. C’est parce que le temps d’un nouveau passage est proche, que nous reprenons contact… Certains d’entre vous passeront, mais beaucoup resteront et devront subir bien des tourments sur la Terre. Oui Christine, nous sommes de même essence, et Avallon est le futur de certains d’entre vous. Tu en sauras plus bientôt, mais je t’attends demain en forêt.
Les compagnons de mon amie Eldred s’inclinèrent, une main posée sur le cœur, à la manière des hindous, et Eldred me fit un superbe sourire complice. Un tourbillon de lumière se forma, et l’instant d’après, cette vision dont je dois dire qu’il s’agissait d’un hologramme, s’effaça. Un moment, je demeurai figée dans mon séjour, puis je retins mon rendez-vous du lendemain, mais sans en connaître l’heure, mais notre heure terrestre avait-elle une importance pour les elfes ?
La nuit suivante, un rêve me montra des visions de somptueux paysages que je reconnus elfiques, mais ne s’accompagna d’aucune transmission de parole ou de message.
Vers neuf heures du matin, je me concentrai sur la pensée d’Eldred, et je dis en pensée :
-Je suis prête Eldred ; je me mets en route pour la forêt.
– Je t’attends ! – me fut-il répondu de façon si nette, que je ne sus alors, si j’entendis le message avec mes oreilles, ou par la voie télépathique. Ce qui est certain, c’est que je ne m’étonnais plus de pouvoir établir une communication de façon terrestrement dite « irrationnelle » avec un monde auquel nos penseurs et la dictature qu’ils établissent sur Terre et plus spécialement en France, accolent ce même qualificatif « irrationnel », mais qu’est-ce que la « raison » sinon juste une convention, de telle sorte que l’irrationnel (ou diabolique) de nos ancêtres est du réel aujourd’hui, comme par exemple l’idée de se déplacer dans les airs ? Les limites autrefois convenues, de ma pensée s’étaient déplacées au fil de l’ouverture d’esprit suscitée par mon expérience qui n’avait rien d’irréel.
Eldred m’attendait en forêt ; je me mis en route.
A peine eus-je pénétré dans la forêt, que contre toute attente, une averse se mit à crépiter tout autour de moi…
Tout autour de moi, mais non pas sur moi, et comme je m’étonnai de ce prodige, j’entendis quelques rires, et je ne doutai pas un instant que mes amis elfes d’Avallon étaient les auteurs de la facétie, pourtant, si elfes il y avait… ce n’était nullement ceux d’Avallon ! Un vertige sans précédent m’investit, et j’entendis qu’on m’appelait par mon prénom, mais c’étaient des voix imperceptibles partout autour de moi ; je ne voyais personne ; étaient-ce les feuilles des arbres qui m’appelaient ? Je pouvais le croire puisque les petits rires et les voix semblaient venir des cimes. Je décidai de me calmer, et je m’appuyai un instant au tronc d’un arbre. Je fermai les yeux, et je dis tout haut :
– D’accord, si vous et moi nous devons jouer ensemble alors, d’abord présentez-vous ! Vous connaissez mon prénom, vous me voyez, mais vous vous cachez et je ne sais rien de vous !
J’ouvris les yeux. Perchés sur un tronc d’arbre de longue date abattu, à peine à un mètre cinquante devant moi, je vis trois petits êtres d’environ 70 centimètres, bien proportionnés, beaux, dont les vêtements avaient la couleur des feuillages, de la mousse, des troncs d’arbres, des pierres communes, de l’argile et aussi, pour l’un d’entre eux, de l’eau. Pour tout dire, ces couleurs semblaient en ruissellement permanent. Leurs pieds étaient chaussés de bottines sombres, au bout légèrement relevé, et possédant un revers en haut de tige, comme les bottes des cochers de l’ancien temps.
Je ne saurais dire s’il s’agissait d’êtres de type féminin ou masculin ; sans doute étaient-ils asexués au sens où nous l’entendons. Pour autant que je me souvienne, leurs cheveux semblaient mi-longs, lisses, roux ou châtain, et deux portaient des chapeaux foncés, du genre de celui avec lequel on représente Robin des Bois, mais ce qui me surprit le plus je crois, et sans doute m’apeura quelque peu, ce fut leur regard : perçant, brillant, avec des pupilles qui semblaient rouler, dont la nuance me sembla entre vert clair et jaune. Plus je les observais, plus je leur trouvai un air enfantin, et quelques contes de fées me revinrent en mémoire, de ceux qu’on m’avait lus lorsque j’étais une petite fille, car depuis quelques temps déjà, on a remplacé les contes de fées par des histoires plus terre-à-terre, comme si dès la petite enfance, le droit de rêver n’était plus permis.
Pour l’heure, j’étais face à ces trois petits êtres, plutôt fins, lesquels pour mieux m’observer, penchaient légèrement la tête de côté. Ils étaient gracieux, et tant pis si leur présence ici n’avaient rien de rationnel, puisque la mienne ne l’était pas davantage ; n’avais-je pas rendez-vous avec des elfes d’Avallon ?
Je ne pouvais pas rester piquée ici face à ces trois… quoi au juste ? Lutins ? Farfadets ? Elfes des forêts ?
La situation s’éternisait ; eux le regard perçant planté sur moi, moi le regard  sans doute apeuré posé sur leurs étranges et curieuses petites personnes… Un détail me frappa soudain : ces êtres avaient de grandes oreilles au bout pointu… J’avais déjà vu ça sur les dessins représentant les korrigans et autres lutins, des forêts ou des landes, mais tout cela n’avait jamais relevé que de la légende pour moi, comme pour ceux qui lisent encore les anciens contes et légendes de nos pères…
Oui, nous étions, eux, moi, chacun de notre côté, plantés droits à nous observer, et cette situation s’éternisait.
Je ne sais pourquoi ni comment, j’eus le réflexe de leur sourire, tout simplement. Ils s’entre-regardèrent, et il y eut une période de flottement et soudain leurs yeux pétillèrent très fort et leurs pommettes remontèrent légèrement ; je dus admettre que c’était là leur manière de sourire, moins marquée que la nôtre par la dynamique musculaire du visage, mais davantage par la brillance du regard.
Comme j’allais me décider à prendre congé en me remettant en chemin, l’un des êtres me fit signe d’approcher, et là je dois admettre que mon cœur se mit à battre très fort, de peur.
Je finis par accéder à sa demande, et pour être sensiblement à sa hauteur, je m’accroupis devant lui. Il ne me toucha pas le visage, comme je m’y attendais, mais le petit foulard jaune clair, décoré de petits cœurs de couleur, que j’avais noué à mon cou. Je dénouai le foulard, et je le lui tendis. Son regard pétilla très fort, et lorsqu’il tendit la main, le vis qu’elle était munie d’un doigt supplémentaire. L’être plaça le foulard autour de son cou ; forcément, vu notre différence de taille, il était plus long autour de son cou que du mien. Je l’aidais à arranger le foulard, et à le nouer. L e premier réflexe de cet être fut de parader de façon comique devant ses camarades, et leur rire explosa, en même temps que le mien. Tout alla très vite ; le petit être s’inclina devant moi, puis ses deux camarades, et hop, ils disparurent à ma vue comme ils étaient apparus, en un clin d’oeil !
Lorsque je parvins enfin au lieu de rencontre avec Eldred, une autre surprise m’attendait…
Oui, une autre surprise m’attendait  : Eldred n’était pas seule, et l’être qui était auprès d’elle, de forme humanoïde était encore plus beau que tous les elfes d’Avallon qu’il m’avait été donné de voir. Toutefois, il semblait d’une matérialisation moins dense, il mesurait environ un mètre vingt, avait de grands yeux en amande, très bleus, et… La peau translucide bleutée. Quant à ses vêtements, ils semblaient tissés de lumière, dans des tons bleus et verts, mais les couleurs fluctuaient sans arrêt, comme dans un kaléidoscope, tout en demeurant dans des gammes de tonalités bleues et vertes. Ses cheveux semblaient de soleil, et il avait un sourire malicieux.
– Voici un elfe élémental – dit Eldred, mesurant ma surprise – Les elfes élémentaux ne sont pas de même nature que moi l’elfe d’Avallon et toi l’humaine. Comme je te l’ai dit, les elfes d’Avallon appartenaient d’abord à l’humanité, puis lors de l’un des grands passages qui se produisent à certaines échéances de La vie du cosmos, ceux dont l’esprit avait assez évolué, passèrent dans cette autre dimension où nous vivons, désormais en Avallon, tandis que les autres demeuraient en troisième dimension. Les elfes élémentaux appartiennent quant à eux  au règne des intermondes, et n’ont pas à évoluer, car ils ont un rôle précis à jouer, concernant l’harmonie naturelle, tout comme, d’ailleurs, ces êtres que tu as rencontrés en venant. Ce sont des gnomes et ils n’ont rien de maléfique comme l’Eglise voulut le faire accroire. Aux temps antiques, et encore au Moyen-âge, les hommes étaient capables de voir les élémentaux, et certains, rares il est vrai, étaient en contact avec Avallon, notre monde. L’Inquisition y a mis un terme pour faire tomber toute l’humanité dans la lourdeur matérielle, domaine d’esprits mauvais que les élémentaux avaient jusqu’alors en large partie empêché de nuire, avec aussi notre aide d’Avallon, par l’intermédiaire de ceux parmi les humains, qui étaient en contact avec nous.
– Dois-je comprendre que nous sommes gouvernés par des forces… démoniaques ?
– Elles viennent d’ailleurs mais elles sont sur Terre, et leur présence n’a eu de cesse de se densifier et d’investir les esprits humains ; tous vos gouvernements en sont peu ou prou complices, depuis la révolution française, voulue et organisée sous leur influence et sous des prétextes généreux, pour la façade, mais la vérité est bien la plus sordide qui soit, et il convient de s’épurer.
– S’épurer ?
– Renouer avec la spiritualité, la vraie, individuelle, se détachant des religions, de leurs dogmes, et mêmes de leurs rituels, mais relier chaque âme avec son essence, sa racine spirituelle, liée sur Terre à la nature telle une mère ; « mon père est le ciel, ma mère est la Terre », dit le sage amérindien, et il a raison, comme tous les vrais chamanes ont raison, comme les celtes anciens avaient raison. Le temps imparti aux terriens est court, avant le prochain passage.
– Tu veux dire, un passage comme celui par lequel les terriens qui étaient prêts sont devenus des elfes d’Avallon ?
– Tu peux le voir ainsi…
– J’ai peine à imaginer…
– Peut-être cela est-il préférable car les tourments ne manqueront pas.
Tandis que nous parlions, je n’avais plus fait attention à l’elfe élémental, et soudain je réalisai qu’il n’était plus auprès d’Eldred.
– Il n’y a eu aucun échange de pensée entre cet elfe élémental et moi –déplorai-je tout haut.
– Tu n’es pas encore assez épurée ! Ne sois pas désolée ; sur Terre, seuls les chamanes communiquent avec eux de nos jours, et ils sont peu nombreux en occident. Maintenant, je dois encore t’enseigner beaucoup de choses pour accélérer le processus de ton évolution. Dans environ, trois de vos mois, tu pourras séjourner quelques heures, chez nous hors de toute bulle de protection ; il y faudra encore une année pour que tu puisses séjourner quelques jours d’affilée, mais alors tu auras tellement changé physiquement, que les tiens ne te reconnaîtront plus, et tu seras malheureuse auprès des autres terriens. Quelques mois encore, et tu pourras vivre définitivement parmi nous si tu le désires, mais il te faudra être dans la certitude de faire le choix qui te convient, et ce sera un renoncement à la Terre et à tes proches. Il te faudra chaque jour recevoir un enseignement, chaque jour venir ici et franchir la porte, et chaque retour te sera plus difficile aussi.
Tout se déroula en effet comme Eldred me l’avait dit. Chaque jour je vins auprès d’elle, et au fil des jours, mon corps, mon visage évoquaient davantage celui de ma jeunesse. Je commençais les séjours chez les elfes, et plus je les côtoyais, plus je savais devoir les rejoindre définitivement un jour. Dix-huit mois plus tard, ayant réglé toutes mes affaires terrestres comme avant un décès que l’on sait advenir, ayant informé mon fils que je partais pour un très long voyage autour du monde, mais que je n’écrirai pas ni ne donnerai de nouvelles, faisant ces adieux à celui qui fut mon bébé et à sa petite famille, je franchis la porte d’Avallon pour emménager dans la maison d’Eldred. Avec elle et quelques autres, je prépare l’accueil de quelques terriens lors du prochain passage en dimension supérieure. J’ai désormais ma propre maison. Je ne suis pas la seule personne qui ait vécu une telle aventure. Répartis en quatre villages, nous sommes sept terriens, à savoir, un finlandais, une russe, une écossaise, moi, un breton, une autrichienne, un galicien. Chacun de nous doit informer une personne de son pays d’origine, et cette personne attendra d’avoir reçu le signal pour donner l’essentiel de ce message : chaque européen peut accéder à Avallon, mais pour cela, il lui faut rompre ses chaînes, libérer son esprit et le faire fructifier en toute liberté, loin des idées reçues, du lavage de cerveau actuel et des freins imposés par les ennemis de l’esprit et de l’humanité. Pour les autres continents souches, il existe d’autres supra mondes qui leur sont propres, et il ne nous appartient pas d’y interférer, mais on peut supposer que le même genre de faits s’y prépare. Pour ce qui concerne mon histoire, étant redevenue une jeune femme, j’ai une histoire d’amour avec un elfe d’Avallon, et de cet amour, un fils m’est né. Puisque le temps ne se déroule pas de la même manière en Avallon, ma gestation me sembla bien plus courte, et l’accouchement sous hypnose fut sans douleur. Mon espérance de vie en Avallon, dépasse les deux siècles en temps terrestre, mais pour ceux qui y sont nés, elle atteint près de quatre de nos siècles ; en Avallon, on peut choisir de prendre l’aspect du vieillissement, et quelques hommes font ce choix ; on les nomme honorables. Les autres personnes gardent un physique jeune jusqu’à leur décès, lequel survient à une échéance dont la personne concernée est en quelque sorte instinctivement prévenue. La personne se sent lasse pendant quelques jours, et rien ne peut lui rendre son énergie. De plus en plus lasse, mais sans douleur, elle finit par s’endormir pour de bon. Il n’y a pas d’inhumation, car les choses se déroulent ainsi : les proches se réunissent autour de la dépouille et font vraiment cercle autour d’elle, dans une tour de cristal violine. Ils se donnent la main et se concentrent en fixant le corps, et soudain, le corps se dématérialise d’un coup, et toutes les particules d’énergie du corps, mais aussi des vêtements du défunt, s’acheminent vers une sorte de cheminée centrale et rejoignent en s’échappant, la grande réserve d’énergie de l’univers. Ce n’est pas triste, car on sait que l’âme va au séjour des bienheureux, et qu’éventuellement, elle viendra se réincarner au bout de quelque temps.
J’ai assisté deux fois à une telle cérémonie ; je n’ai rien ressenti de négatif, au contraire, de la joie. Il faut dire que la joie est ce que vous devez le plus développer pour alléger la vibration terrestre et donc les tourments de l’humanité. Semez de la joie, et vous récolterez de la joie, jusqu’à ce que toutes ces joies transforment la planète au point d’en réduire à néant tout le mal qui l’habite sous divers visages. La joie de proche en proche, propagera toutes les guérisons. A toi Marie, je ferais signe lorsqu’il sera temps de dévoiler les grandes lignes de cette histoire, et d’appeler chacun à semer de la joie, pour récolter de la joie et au bout de la chaîne de joie, la lumière. »
 
Ici s’achève la version courte du vécu de Christine parmi les elfes d’Avallon, lesquels sont nos frères humains « d’avant », passés en une paisible dimension, du fait de leur évolution. J’ai appris beaucoup sur la vie en Avallon, mais cela fera l’objet d’un livre sans doute. L’essentiel, le message, est ici..
 

 

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Auteur : kronaith

Je suis romancière, écrivain, historienne, conférencière, musicienne. Je vis aussi pas mal de phénomènes spirituels et dits "paranormaux, et je m'intéresse à tout cela me permet de discuter de plein de sujets et de vous les faire partager. Ce blog fait suite au précédent sur une autre plateforme en cours de transformation, et qui a jusqu'à 5000 visiteurs par jour.

Une réflexion sur « Ma vie chez les elfes. Seconde partie. »

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