Un rêve prémonitoire, il y a quelques années : le vol Air France 447.

Tout le monde se souvient de la disparition du vol Paris-Rio au printemps 2009. J’avais immédiatement relaté mon rêve prémonitoire que voici :
« La nuit de samedi à dimanche, j’ai rêvé que j’écoutais les infos à la radio dans ma cuisine; on nous annonçait qu’un avion d’Air France revenant de Rio n’avait plus émis d’écho radar depuis les environs de 8 heures du matin; je regardai l’heure, il était un peu plus de midi.

Ce jour, à midi, j’écoute les infos à la radio, et j’apprends qu’un avion de la compagnie Air-France parti de Rio pour joindre Roissy a disparu des radars vers huit heures ce matin.

On ne peut pas avoir de doute sur la qualité prémonitoire de ce rêve. Les deux horaires 8 h et 12 h y figurent, le fait que j’apprenne le fait par la radio et aussi le fait qu’il s’agisse d’un avion d’Air France effectuant la liaison Rio-Paris.

Imaginez que je me sois affolée suite au rêve, et que j’ai appelé Air-France pour empêcher que cet avion ne parte; on ne m’aurait pas écouté et l’avion aurait décollé parce qu’on n’écoute pas ceux  qui reçoivent ce genre d’annonces.

Imaginez qu’au contraire nous soyons dans un monde où les gens qui ont comme moi ce genre d’annonces, soit entendus, pris au sérieux et que par principe de précaution, on ait repoussé ce vol,  et qu’on en ait profité pour réviser une fois encore tous les points de sécurité; les passagers et membres d’équipage seraient toujours sur en vie.

Qu’y puis-je ?

C’est ce qui rend très dur le fait d’avoir de tels dons : savoir qu’on ne peut rien empêcher la plupart du temps.

http://www.vanityfair.fr/actualites/international/articles/vol-af-447-rio-paris-reconstitution-des-minutes-qui-ont-precede-le-crash/23618

Ne laissez pas passer la fortune…

Parfois les adultes qui sont dans les difficultés refusent l’aide du ciel qui passe par leurs enfants. En voici un parfait exemple puisé dans mon enfance.
Dans ce milieu ouvrier de  la vallée industrielle du Gier, les ouvriers étaient maintenus à un seuil de pauvreté qu’on a peine à imaginer aujourd’hui.
L’une des rares distractions que s’offrait l’ouvrier était de jouer au tiercé le dimanche, ceci lui permettant d’espérer des jours meilleurs, et cela donnait lieu à tout un rituel. Dès la veille, mon père lisait dans le journal ce qu’il fallait  savoir des chevaux, de leur condition physique, si la longueur de la course et les conditions météo leur convenaient. Il s’intéressait aux jockeys et entraîneurs, et au palmarès des chevaux.
Le dimanche matin, un voisin venait, et mon père et lui mettaient leurs remarques en commun, et alors ils choisissaient les chevaux sur lesquels ils allaient parier. En fin d’après-midi, ils écoutaient les commentaires de la course en direct à la radio, puis à partir de 1965, lorsque nous eûmes la télévision, c’est la voix de Léon Zitrone qui  occupait notre humble demeure, ponctuée de montées en tensions selon le déroulement de la course. La ligne d’arrivée franchie, les deux ouvriers faisaient le constat de leurs résultats plus ou moins approchants. Parfois, mon père écrivait les numéros des chevaux sur des bouts de papier et se livrait à des tirages au sort.
L’année de mes huit ans, un matin, je suis venue trouver mon père et son ami, et je leur ai donné trois numéros en insistant pour qu’ils les jouent car -leur dis-je- ces numéros allaient gagner. Ils jetèrent un coup d’œil aux pronostics du journal et éclatèrent de rire avec force commentaires, parce que ces trois numéros c’étaient trois « ringards » qui n’avaient pas la plus petite chance de se trouver à l’arrivée.
Lorsqu’ils entendirent la course en direct à la radio, ils pâlirent lorsque les trois ringards prirent la tête et la conservèrent jusqu’à l’arrivée. En toute innocence mais de façon ferme, je leur avais donné le matin, les trois chevaux vainqueurs dans l’ordre exact d’arrivée. Comme ils étaient les plus mal côtés, ces trois chevaux vainqueurs permirent d’afficher un montant de gain record. A l’époque ce tiercé rapporta 40 000 Francs, et cette somme permettait de construire une maison. Hélas, les deux hommes ne l’avaient pas joué et m’avaient ri au nez. La gamine avait raison ! Ils en furent malades. On peut les comprendre.
L’histoire ne s’arrête pas là.
Le dimanche suivant, mon père et son ami me demandèrent tout gentiment de leur donner trois numéros. Je leur répondis que ce n’était pas pareil, parce que l’autre fois « on me les avait donnés, comme ça dans ma tête. » Ils  insistèrent et je leur donnai donc trois numéros au hasard, mais qui ne furent pas à l’arrivée.
Le dimanche qui suivit celui-ci, de nouveau je vins leur donner de moi-même trois numéros, et là, ils dirent :
  • L’autre fois c’était vraiment un hasard si ces trois ringards sont arrivés.
Ils en jouèrent pas mes numéros. Là encore, les trois chevaux dont je donnais les numéros étaient des ringards quasiment non cotés.
L’après-midi, ce fut comme si nous revivions l’arrivée du tiercé deux semaines plus tôt. Les trois ringards se surpassèrent et arrivèrent très en avance sur leurs concurrents les mieux côtés. Les trois numéros que j’avais donnés le matin étaient de nouveau à l’arrivée, de nouveau dans l’ordre où je les avais donnés et cette fois, le gain record grimpa à 50 000 Francs.
Pauvre papa ! Comme il s’en voulut !
La chance s’était deux fois présentée par la voix de l’enfant que j’étais. deux fois, les adultes la refusèrent et deux fois les gains battirent des records.
Il n’y eut pas de troisième fois. Nous sommes restés pauvres.